Et si je m’inventais une amie imaginaire
Méthode Léna Situation mais j’adore l’idée. Oui, ok, c’est la rentrée mais j’ai pas envie de parler de ça parce que j’ai pas encore choisi mes bonnes résolutions donc on verra ça semaine prochaine. Ou plus tard. Bref. En scrollant sur les réseaux sociaux l’autre jour, je découvre une vidéo de Léna qui parle de Frank, son ami imaginaire et là, je me dis que c’est quand même une bonne idée. Creusons.
La conclusion de ma psychothérapie ?
Alors je ne vais pas m’attarder plus que ça sur le Frank de Léna, essentiellement parce que j’ai regardé la vidéo vite fait et je ne connais pas bien la vie de cette jeune femme. On va rester sur la philosophie du truc parce que je me demande si ce n’est pas ce dont j’ai besoin. Et si, paradoxalement, ce n’est pas la conclusion de ma psychothérapie. Va falloir me suivre là-dessus mais vous allez voir, ça fait sens.
Quelqu’un qui m’épaulerait quoi qu’il arrive
Alors pourquoi une amie imaginaire ? Pour Lena, c’est une sorte de majordome qui régit un peu sa vie. Idée géniale. Actuellement, je suis dans une période “est-ce qu’il n’y aurait pas un peu quelqu’un qui voudrait me prendre sous son aile”. Parce qu’après six mois de recherche d’emploi sans réelle touche, j’avoue que je fatigue un peu. Je n’y crois plus, en fait. Le marché est pourri, beaucoup d’appelés pour peu d’élus. J’ai limite plus du tout envie de chercher, ce qui expliquerait assez aisément que je ne trouve pas. Peut-être que si j’avais une sorte de mentor, d’ange protecteur ou appelez ça comme vous voulez, ça pourrait m’aider. Un peu comme Frank, là.

La fille version cool de moi
Et puis il y a une autre moi qui sommeille en moi. Je m’explique. Je fais une psychothérapie à base d’EMDR qui va soigner les traumas de mon enfance. Donc je fais des visualisations de ces événements de ma petite enfance et des choses se passent. En fait, c’est assez fou mais j’ai des images très précises de choses que j’ai “vues” alors qu’elles se passent purement dans ma tête et que j’ai même pas les yeux fermés. Et parfois, apparaît “l’autre”, cette version de moi hyper cool qui aurait pu exister sans ces micro-traumas qui m’ont appris, petit à petit, que j’étais pas une personne aussi super que j’aimerais. Rien de grave, en soit. Juste des accros à la perfection que je me sens obligée d’atteindre. Dans ces visualisations apparaît des versions différentes de moi… dont la meuf cool.
Frange et veste en jean
La meuf cool, je la reconnais à sa frange et à sa veste en jean. Deux caractéristiques que je n’ai pas dans la vraie vie. Et que je ne souhaite pas avoir, concernant la frange. En fait, dans mes visualisations, arrivent souvent des moments joyeux. Quand je “dénoue un noeud”, dirons-nous, ça se termine souvent par un moment de fête entre enfants. Une ambiance de fin d’année, quand les cours sont finis et qu’on ramène nos jeux. Dans ces moments-là, je suis toujours dans la fête, entourée par les autres élèves. Bref, une enfant joyeuse et insouciante. Et la version frangée qui apparaît parfois, c’est la version adulte de cette cool kid. Une adulte sereine. Une adulte qui n’écoute jamais la méchante voix qui ne manque pas d’essayer de la déstabiliser. Mais je veux tellement être elle ! Oui parce que mon vrai moi, il l’écoute, la voix méchante. C’est ma relation toxique à moi, voyez. Pas besoin d’un mec problématique, je fais tout toute seule.
C’est quoi le nom de ta jumelle imaginaire ?
Cet été, j’ai reçu Pivoine. Quelques jours fort sympa. A un moment, elle commence à partir dans un délire de “jumelle maléfique”. En gros, quand elle est sage, elle est Pivoine, mais quand elle l’est moins, c’est pas elle, c’est Mila, sa jumelle maléfique. Le concept m’amuse et je commence à réfléchir au nom de ma jumelle pas forcément maléfique. Un an plus tôt, j’avais discuté avec deux filles qui font du burlesque et on parlait de nom de scène : un prénom que tu aimes bien et une de tes caractéristiques. J’avais alors décidé que mon nom serait Sweet Ofelia. Nom qui n’a jamais servi nulle part, hein… Je pourrais donc appeler ma doppelganger Ofelia mais… non, je ne sais pas, ça colle pas. Je glisse vers Andrea, qui collerait avec mon obsession du moment pour Kimi Andrea Antonelli mais non, ma double n’a pas l’âme d’une Andrea. Elle a l’âme… d’une Livia. Livia. Oui.
Livia s’en fout de la méchante voix
Donc voilà, j’ai cette Livia en moi. Avant même de la nommer, Livia a commencé à s’incarner un peu à travers moi. Je suis moins “petite fille modèle”. Bon, ça pisse pas hyper loin mais par exemple, j’ai les cheveux violets. Un truc que j’ai longtemps considéré comme inenvisageable parce que bon, c’est pas pro, bla bla bla. Force est de constater que quelle que soit la couleur de mes cheveux, je ne chope pas d’entretiens donc autant devenir quelqu’un qui nous plaît bien. Et ce quelqu’un semble avoir les cheveux violets. Livia ouvre un nouveau champ des possibles. Elle est celle que j’aimerais être. Plus détendue et insouciante, plus imperméable aux critiques, surtout celles de la méchante voix. Pour vous situer le truc : lors d’une visualisation, j’ai vu mon moi frangé assise à mon bureau, déroulant tranquillement son plan d’attaque pour trouver du boulot, se former ou peu importe ce qu’elle faisait. La méchante voix lui criait “mais on les connaît tes bonnes résolutions, ça dure trois jours et tu reviens à procrastiner. T’as aucune volonté, tu n’es qu’une pauvre feignasse !”. Qu’a fait Livia ? Rien. Elle a continué sa petite vie tandis que la méchante voix pétait littéralement un câble. Livia, la fille cool que je veux être.

Be Livia
Alors voilà. Et si elle était là, ma résolution de rentrée. Devenir Livia. Commencer par lui donner vie et la faire interagir avec moi. Mieux, me demander ce qu’elle ferait et en faire autant. Se dire que si Livia s’en fout, c’est que je dois m’en foutre aussi. Livia pense qu’il est temps de se teindre les cheveux en violet, let’s go. Livia pense que la frange, c’est cool, alors… non, trop chiant la frange. Surtout que Livia a une frange car elle est une version adulte de mon moi enfant qui aurait grandi différemment. Livia va devenir ma conseillère, ma personal planner. Ma confidente, pourquoi pas.
Bref, j’adore le concept d’amie imaginaire et je vais m’appliquer à le faire mien.

