Les vacances, c’est trop stressant 

Les vacances, c’est trop stressant 

Est-ce que ça l’a toujours été ou est-ce que ça a été amplifié par les réseaux sociaux ? A l’heure où je publie cet article, beaucoup sont ailleurs que chez eux, en vacances. Bon, si vous aviez choisi la Gironde ou le Var voire la Belgique, désolée pour vous. Vacances ah, vacances, j’oublie tout ! Vraiment ? Parce qu’on ne va pas se mentir… à l’heure de l’ultra mise en scène de soi, les vacances, c’est devenu trop stressant.

Stress pendant les vacances, jeune femme en PLS sur une plage
(c) Engin Akyurt

En France, nous avons droit à cinq semaines de congés payés. Cinq semaines qu’il faut rentabiliser pour se reposer, changer d’air, se ressourcer. Pour moi, les vacances ont toujours été synonyme de départ. On ne passe pas des vacances chez soi. J’y ai passé des intercontrats chez moi mais pas des vacances. Je ne partais pas forcément bien loin. Jeune, je retournais chez mes parents. Une piscine, un jardin, une bibliothèque pleine à craquer, ma foi… Mais plus j’avance dans la vie et bénéficie d’une aisance financière, plus les destinations lointaines me tentent. Pas de laïus ici sur le fait de prendre l’avion ou pas, ce n’est point le sujet. C’est toujours un moyen de transport que je trouve désagréable et je continue de rêver d’un monde accessible en rail. 

Plus j’avance dans la vie, plus j’ai l’impression que la pire chose qui puisse m’arriver, c’est de rater mes vacances. Enfin, sur les drames de la vie courante, hein. Autant vous dire que cet été 2026, entre canicules et incendies, une nuit passée dans la fumée avec le chat qui vomit, c’est largement au-dessus du fait de rater ses vacances. Mais quand je rentrais de congés, je m’extasiai. Même quand mes vacances avaient été un peu nulles. Genre ces vacances dans un hôtel paumé où il a plu la moitié de la semaine. 

Pluie en vacances

Les vacances comportent trois enjeux essentiels : 

  • Tout voir et tout faire
  • Se reposer
  • Kiffer chaque minute

Au point que quand quelqu’un revient de vacances en m’expliquant qu’il n’a pas aimé le lieu où il est allé, je suis choquée. Mais quoi ? Aller dans un lieu paradisiaque et ne pas kiffer ? C’est impossible, inimaginable. Quel esprit chagrin ! Sauf que, finalement, n’ai-je pas parfois un peu exagéré mes enthousiasmes ? Cinq semaines de respiration dans une vie professionnelle qui ne me satisfait pas, évidemment que je refuse l’idée même d’en gaspiller une minute.

Mais comment se détendre dans cette course aux vacances parfaites. Surtout que plus on part loin, plus on “craint” de rater quelque chose qu’on n’aura plus jamais l’occasion de voir. Je me souviens de nos vacances au Japon, j’avais fait un programme très serré pour “tout voir”. Au bout de quelques jours, on avait décidé qu’on reviendrait et, de suite, la pression fut moindre. Ca tombe bien, on est passés à côté de Kyoto. Pour nos dernières vacances en Nouvelle-Zélande, l’arrivée impromptue d’une guerre la veille de notre départ nous a fait perdre deux jours et donc la découverte de la région d’Auckland. Je suis un peu déçue de ne pas avoir pu voir la baie d’Auckland mais au vu des merveilles vues pendant le même voyage, ma foi…

La baie d'Auckland vue du Skytree

En vrai, les vacances, c’est fatigant parce qu’on veut tellement en faire tant en peu de temps qu’on n’a aucune marge pour l’imprévu. Alors que parfois, l’un d’entre nous a mal au dos ou au genou et ne se sent pas de bouger. Souvent mon mec mais en Sicile, c’est moi qui ai pété mon plus beau lumbago. Ce fut bien douloureux, je vous cache pas. Récit publié vendredi. Et puis surtout, arrive un moment où courir partout devient épuisant. On a tellement voulu tout planifier que le moindre grain dans la machine peut tout faire dérailler. 

Je veux tout organiser. Je veux que mon mec et moi puissions voir le plus beau, avoir les meilleurs souvenirs. Pour nous. Les photos, j’aime ça mais je ne suis pas influenceuse, mes photos de vacances passent en story ou ici. Je n’irai pas choisir une destination pour son potentiel photo. Ou alors à la retraite si je décide de développer ce centre d’intérêt. Je choisis mes destinations par rapport à ce que j’ai envie de voir et pas pour faire la photo Instagram qu’il me manque. Je vous renvoie à la super vidéo de Manon Bril sur le sujet. Mais clairement, faire des heures de queue pour une photo de moi sur une balançoire géante, j’ai pas le time. Mais je veux qu’on s’en prenne plein les mirettes, qu’on ne regrette pas de ne pas avoir visité un site.

Santorin en Grèce

Sauf qu’on ne suit jamais le programme établi. Pour des raisons de fatigue, de météo ou de douleur intempestive, déjà. Parce que parfois, j’ai fait mon programme en oubliant que le dimanche, tout n’est pas ouvert. Et surtout, certaines de nos meilleures visites ont été celles improvisées parce qu’une fois sur place, on a changé nos programmes. Genre le parc Universal au Japon. Je ne pensais pas que ça intéresserait Victor, je l’avais pas mis sur la liste. Mentionné au détour d’une conversation, il est devenu le programme pour le lendemain. Idem pour la grotte de la Salamandre, découverte sur un set de table.

Et puis il y a la pression que l’on se met. Celle que je me mets, du moins. Je veux que tout soit parfait autant pour Victor que pour moi. Plus pour lui que pour moi, même. Une météo maussade, je fais avec mais si ça lui gâche son voyage, à lui… J’ai reçu Pivoine la semaine dernière et j’étais  en PLS car ils annoncent une canicule. Exactement comme l’an dernier quand Saturnin est venu quelques jours. Est-ce que j’ai envie de passer des moments inoubliables enfermés dans mon appart ? Non. Même si, ok, on vient d’accueillir deux chatons adorables et que Pivoine sera heureuse quoi qu’il arrive. 

Mes deux chatonnes
Regardez-moi ces deux amours

Mais j’ai sacralisé les vacances, ça doit être inoubliable. Cinq semaines de pur bonheur, on n’a pas le droit de se rater. Des endroits où l’on ne reviendra jamais, on n’a pas le droit de se rater. Trouver le juste milieu entre repos et découverte. Parce qu’il faut rentrer reposé pour attaquer le travail en pleine forme. Même si moi, je vous avoue que des vacances grandioses, je mets un temps infini à m’en remettre. La déprime post Japon a duré plusieurs mois et je suis bien contente de ne plus avoir été salariée chez TechNet à mon retour de Nouvelle-Zélande car ça aurait été littéralement insupportable. 

Nouvelle-Zélande, entre Pïcton et Christchurch

Certains me diront que cette angoisse des vacances parfaites est un mal assez féminin, une tâche en plus dans notre charge mentale. Sans doute. Mais je pense que l’angoisse de vite recharger les batteries pour survivre à nos jobs de merde, c’est plus un mal de notre temps qu’un mal de genre.

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